Maison de la Presse et des Journalistes – MPJ

MPJ Médias en République Centrafricaine 2014

Interview du Coordonateur de l’Institut Panos Paris sur la Synergie Presse « LE REMASTP/CA A ÉTÉ IDENTIFIE COMME PARTENAIRE LOCAL SUR LE PROGRAMME VIH-SIDA DE L’INSTITUT PANOS PARIS EN RCA », DECLARE P. CHIRHALWIRWA

Posted by angebruno sur 7 avril 2011

M. Pascal CHIRHALWIRWA, vous êtes coordonateur de l’ Institut Panos Paris  (IPP) et Responsable du Projet d’Appui aux Médias Centrafricains ( PAMCA), est-ce bien cela?  

Oui, vous l’avez bien dit.

Récemment l’Institut Panos Paris, en partenariat avec la section centrafricaine du Réseau des Médias Africains pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (REMASTP/CA), a organisé deux ateliers de renforcements des capacités des professionnels des médias centrafricains sur le traitement de l’information et le journalisme d’investigation liés au VIH-SIDA. Quelles sont les raisons qui ont conduit l’IPP et le REMATP/CA à réaliser ces  deux ateliers?

Les deux ateliers, organisés avec la collaboration du REMASTP/CA, visaient effectivement le renforcement des capacités des médias centrafricains dans le traitement des informations relatives au VIH.   Cependant, il faut préciser que ces deux ateliers, bien que portant sur une même thématique, étaient organisés de  façon différente du point de vue méthodologique.  Ils portent également sur deux programmes différents mais complémentaires.

L’atelier du 16 au 18 novembre 2010, ayant regroupé une vingtaine de professionnels des médias du secteur public et privé, a été organisé sous l’entière responsabilité du REMASTP/CA dans le cadre de son projet soumis au fonds d’appui aux organisations professionnelles des médias.  Le fonds d’appui est développé dans le cadre du volet 2 du Projet PAMCA (Projet d’appui aux médias centrafricains)  de l’Institut Panos Paris qui bénéficie de l’appui financier de l’Union européenne, de Cordaid et de l’ Ambassade de France en RCA. C’est donc le volet consacré au  renforcement des organisations professionnelles des médias et qui offre des formations sur la vie associative, l’élaboration et la gestion des projets. Ces formations sont  accompagnées d’un fonds d’appui permettant aux organisations de réaliser, en guise de pratique, des microprojets relatifs à leurs objectifs spécifiques. C’est partant donc dans ce cadre  que le REMASTP avait proposé le « Projet de renforcement des capacités des médias dans la réponse et la riposte à la lutte contre le VIH/sida ».

Après huit mois d’accompagnement, le Bureau Exécutif du REMASPT/CA est parvenu à développer une réflexion poussée sur sa mission et son identité dans le paysage médiatique centrafricain.  La proposition du projet est née de cette réflexion et a été soumise à notre évaluation sur base d’une série de critères.

Vous comprenez donc que la démarche à ce niveau est centrée sur le renforcement des capacités de  l’organisation afin qu’elle soit mieux outillée pour répondre efficacement à sa mission à travers des actions concrètes. Vous le savez mieux que moi, le REMASTP/CA existe depuis plus d’une année mais il avait jusque là du mal à décoller.  Je pense, qu’à la suite de cet accompagnement qui lui est apporté par l’Institut Panos Paris, il est en train de se tracer une nouvelle route en terme de visibilité et de crédibilité auprès des professionnels des médias, du  public et des partenaires. S’agissant du second atelier  tenu du 22 au 26 novembre 2010, il a réuni dix sept participants venus de Bangui et de provinces et issus de la presse écrite et de radio ainsi que de l’Instance de Régulation (le Haut Conseil de la Communication).  Il est question d’une formation au  journalisme d’investigation sur le VIH/Sida, assurée par deux experts internationaux (Martin Faye de la Fondation Hirondelle et Banza Tiefolo de l’Instance de Régulation de la RDC) et moi-même.  La démarche pédagogique a consisté au lancement d’un appel à manifestation d’intérêt adressé de manière individuelle aux journalistes.  Cela veut dire que l’initiative de participer à cet atelier devrait partir du journaliste lui-même et qui, par la suite, devrait solliciter la recommandation et l’engagement de ses responsables hiérarchiques pour lui assurer le suivi nécessaire exigé dans le cadre de cette formation.

L’implication du REMASTP/CA dans cette formation répond à la méthodologie de travail de l’Institut Panos Paris qui vise à la fois le transfert des compétences et la responsabilisation des partenaires locaux.  Le REMASP/CA a été identifié comme partenaire local sur le Programme  VIH-Sida de l’Institut Panos Paris en RCA.  Faut-il préciser que ce second atelier a été organisé dans  le cadre du programme  appelé « Global Aids Funds  (GAP)- mieux informé sur le VIH-SIDA ». Il s’agit d’un programme conjoint aux huit Instituts Panos regroupés au sein du Panos Council.  L’atelier a, à ce titre, bénéficié de l’appui financier du Panos Council et du Ministère de Développement International du Royaume Uni.

En terme de résultats,  les stagiaires ont choisi chacun un sujet de reportage  et un plan de travail a été arrêté pour réaliser des reportages de terrain. Qu’attendez-vous de ce  travail ?

L’objectif était de permettre aux journalistes de radio et de la presse écrite d’améliorer leurs connaissances sur  la  pandémie du VIH/Sida et de les amener à  produire une information de qualité.   L’analyse faite avec les participants a montré que la thématique VIH est couverte par les médias centrafricains de manière très insignifiante et avec un niveau de traitement très faible en terme de qualité.  C’est un véritable paradoxe quand on sait que la RCA a le taux de  prévalence du VIH le plus élevé de la Sous région.  C’est même un double paradoxe si l’on considère le rôle reconnu aux médias pour pouvoir influencer le changement des comportements.   Nous avons suivi par exemple, ces derniers mois dans la presse internationale, des informations relatives à des diverses crises en ce qui concerne le Programme National de lutte contre le VIH/sida en RCA (la rupture de stocks des ARV, les détournements de fonds, …).  Les des médias locaux et/ou nationaux n’ont-ils pas une importante responsabilité    pour pouvoir apporter plus de lumière sur ces différents sujets de société ?   Le public a besoin d’une information plurielle, diversifiée.  Le public a aussi besoin d’une information de proximité, traitée avec professionnalisme par les médias locaux , de manière apporter un regard  interne et plus ancré dans le contexte.  Ainsi, ces ateliers, qui se sont organisés à la veille de la journée mondiale « VIH/sida », contribueront à répondre à toutes les questions soulevées ci-haut, notamment en ce qui concerne le renforcement de capacités des médias locaux à pouvoir contribuer à la lutte par la production et la diffusion des informations de qualité sur le VIH. Les reportages réalisés par les stagiaires sont  inscrits dans le cadre de la  préparation de la campagne médiatique attendue de la presse par tous les acteurs intervenant dans le domaine de la lutte contre les Sida et par public.

Oui, dans quelques jours, le monde entier va célébrer la Journée Mondiale de lutte contre le Sida. Maintenant que les professionnels des médias centrafricains sont suffisamment outillés, pouvons-nous espérer,  que la  couverture médiatique de cette journée  connaitra des profondes améliorations par rapport aux années précédentes ?

Je l’espère !  Nous avons apportez notre contribution pour doter les médias  des compétences nécessaires leur permettant effectivement de mieux jouer leur rôle.  En ce qui concerne la couverture de la journée mondiale VIH-Sida de cette année, l’Institut Panos Paris et le REMASTP/CA ainsi que l’ARC (l’Association de Radios Communautaire) envisagent se mobiliser pour assurer un encadrement méthodologique de la couverture de cette journée.  Il y a déjà des activités de terrain qui se font ici est là.  Les participants à l’atelier du 16 au 18 novembre 2010, sont en pleine préparation d’un dossier de presse qui devra normalement être diffusé au cours du mois de décembre.  Les participants à l’atelier du 22 au 26 novembre de leur côté sont déployés sur le terrain pour des reportages qui seront diffusés et ou publiés dans tous les médias.  Certains reportages contribueront à alimenter l’émission de synergie radio prévue pour le 03 décembre et à la réalisation d’un numéro spécial pour la synergie presse écrite.  Si chacun s’y met correctement, tout cela constitue des innovations pour lesquelles tout le monde sera fier et une contribution significative de la presse pour porter haut le message de la journée.

Y-a-t-il une rencontre avec le gouvernement ou les acteurs nationaux et internationaux de lutte contre le Sida pour coordonner les activités de cette Journée Mondiale?

C’est vrai la lutte est collective, mais je pense que chaque acteur devrait avant tout, se positionner dans son domaine.  Je sais qu’il y a un comité qui a été mis en place pour une meilleure coordination de la campagne.  Les Médias en constituent un acteur de taille.  Malheureusement dans la pratique, les médias sont souvent dans ce type d’organisation, considérés comme « un prestataire de service » qui s’implique à la dernière minute !   Cela  est souvent dû au manque ou aux faiblesses organisationnelles des structures médiatiques.  Je pense que la démarche actuelle du REMASTP/CA vise à combler ces insuffisances organisationnelles qui limitent la visibilité et la crédibilité des médias lorsqu’il s’agit des actions à mener conjointement avec d’autres acteurs.

Quelles sont les perspectives d’avenir de l’implication des médias dans la lutte contre le Sida?

Il ne m’appartient pas de définir les perspectives d’avenir de l’implication des médias dans la lutte contre le sida car je ne gère aucun média.  Je fais mon travail de sensibilisation et de renforcement des capacités des médias afin qu’ils répondent au mieux à leurs missions.  Il revient à chaque média de définir sa programmation en fonction de sa ligne éditoriale et des moyens dont il dispose.   Je pense cependant que le VIH devrait être considérer comme une thématique transversale à intégrer impérativement au programme de chaque médias qui se veut  être au service de la communauté.

Enfin, M. Pascal, un petit mot sur le Sida. Comment appréhendez-vous cette pandémie en ce qui concerne l’avenir de l’humanité?

La pandémie du VIH est une affaire de toute l’humanité.   C’est l’ennemi commun à nous tous, qui nous oblige, au-delà de nos différences et de nos clivages, à mettre ensemble nos efforts pour le combattre.

Fleury Fulgence B. pour le REMASTP/ CA
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